Indicateur 32 Qualiopi (V10)
L'indicateur 32 est renforcé dans la V10 : il ne suffit plus de corriger au coup par coup, il faut une démarche structurée et une analyse des risques qualité.
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Par Jérémie Chiari · Publié le · 8 min de lecture
L'indicateur 2 du référentiel national qualité impose à tout prestataire certifié Qualiopi de rendre publics des indicateurs de résultats correspondant à ses prestations et à ses publics, et d'expliquer comment chaque chiffre est calculé : période, population prise en compte, nombre de réponses, mode de calcul. La version V10 du référentiel, applicable au 1er novembre 2026, reprend cet indicateur sans changement de fond.
Relu par Axel Joseph Auguste, cofondateur de LIDEO, spécialiste réglementaire et sécurité — profil
Le texte de l'indicateur 2, au titre du critère 1, est le suivant : « Le prestataire diffuse des indicateurs de résultats adaptés à la nature des prestations mises en œuvre et des publics accueillis en précisant de manière transparente leurs modalités de calcul ».
Chaque membre de phrase porte une exigence distincte. C'est de cette lecture mot à mot que dépend la conformité.
| Membre de phrase | Ce qu'il exige concrètement |
|---|---|
| « Le prestataire diffuse » | Le résultat est rendu public, consultable sans demander un devis ni créer un compte. Une donnée conservée dans un tableur interne ne vaut pas diffusion. |
| « des indicateurs de résultats » | Plusieurs indicateurs, et des indicateurs de résultat, pas d'activité. Le nombre de stagiaires formés ou le nombre d'heures vendues ne sont pas des résultats. |
| « adaptés à la nature des prestations mises en œuvre » | Les indicateurs changent selon qu'on vend une formation courte, un bilan de compétences, une VAE ou un apprentissage. Un même taux générique pour tout le catalogue est difficile à défendre. |
| « et des publics accueillis » | Si vous formez des publics très différents (salariés en entreprise, demandeurs d'emploi, particuliers financés par le CPF), le résultat doit refléter cette réalité. |
| « en précisant de manière transparente leurs modalités de calcul » | Période, population retenue, nombre de répondants, formule. Le chiffre doit être reconstituable par un tiers. |
C'est la dernière ligne qui fait échouer le plus d'organismes. Un taux de satisfaction affiché seul, sans base ni période, est une non-conformité même quand le chiffre est exact.
L'essentiel
L'indicateur figure à l'annexe du décret n° 2026-728 du 1er août 2026, qui fixe la nouvelle version du référentiel national qualité. Ce référentiel s'applique au 1er novembre 2026 et comporte 33 indicateurs répartis entre les critères. Le détail de l'ensemble est traité dans notre page de référence sur le référentiel V10.
Pour l'indicateur 2, la nouvelle rédaction est reprise de la version précédente sans changement de fond. Un organisme déjà certifié qui diffusait correctement ses résultats n'a rien à reconstruire. En revanche, la période de bascule est le bon moment pour vérifier que la pratique suit le texte, car les audits menés après le 1er novembre 2026 s'appuieront sur la nouvelle version.
L'audit ne se fait pas sur déclaration. L'auditeur regarde ce que voit le public, puis remonte jusqu'à la donnée.
Il ouvre votre site, votre plaquette ou votre fiche sur la plateforme de financement, et cherche les résultats sans aide. S'il faut trois clics depuis une mention de bas de page ou un formulaire de contact, la diffusion est discutable. Placez les résultats à un endroit stable et signalé : une page « Nos résultats » liée depuis le menu, ou un bloc sur chaque fiche formation.
C'est la pièce qui répond à « de manière transparente ». Elle tient en quelques lignes par indicateur et précise, pour chacun : ce qui est mesuré, la période couverte, la population prise en compte, le nombre de personnes concernées, le nombre de réponses obtenues et la formule. Elle est publiée à côté des chiffres, pas gardée dans un classeur.
Exemple de formulation exploitable : « Taux de satisfaction : moyenne des réponses à la question de satisfaction globale des questionnaires de fin de formation, sur les sessions réalisées entre le 1er janvier et le 31 décembre 2025 ; 84 stagiaires sollicités, 61 réponses ; données mises à jour le 15 janvier 2026. » Les nombres cités ici sont un exemple de format : ce sont les vôtres qu'il faut publier.
L'auditeur peut demander à reconstituer un chiffre. Il faut donc conserver les questionnaires, l'extraction de votre outil, ou le tableur de calcul, avec un lien clair entre la source et le résultat affiché. Si le taux publié est 92 % et que le tableur en donne 88 %, la non-conformité ne porte pas sur le taux : elle porte sur la fiabilité de l'information diffusée.
Un résultat sans date ne permet pas de savoir s'il est représentatif. Datez la page et indiquez la prochaine échéance de mise à jour. C'est la preuve la plus simple à produire et l'une des plus souvent oubliées.
« Adaptés » est le mot qui distingue une page conforme d'une page de façade. Les indicateurs pertinents ne sont pas les mêmes selon la prestation.
| Type de prestation | Indicateurs de résultats cohérents |
|---|---|
| Formation continue courte, inter ou intra | Satisfaction des bénéficiaires, taux de réalisation des parcours, taux d'atteinte des objectifs pédagogiques évalués |
| Prestation conduisant à une certification professionnelle | Les mêmes, plus les taux d'obtention de la certification, traités au titre de l'indicateur voisin consacré à la certification |
| Bilan de compétences | Satisfaction, taux de bilans menés à terme, suites données au projet lorsqu'elles sont connues |
| VAE | Satisfaction, taux d'accompagnements menés jusqu'au jury, issues de jury |
| Apprentissage | Indicateurs propres à l'apprentissage, dont l'insertion et la poursuite d'études |
Deux points de vigilance. D'abord, ne confondez pas l'indicateur 2 avec son voisin : les taux d'obtention des certifications préparées, les blocs de compétences, les équivalences et les passerelles relèvent d'un indicateur distinct du même critère. Ensuite, l'indicateur 2 ne dispense pas de l'information détaillée sur les prestations elles-mêmes, qui relève de l'indicateur 1.
Sur le calcul du taux de réalisation, souvent mal maîtrisé quand les parcours sont financés par le CPF, nous détaillons la méthode dans notre article dédié au calcul du taux de réalisation.
Un formateur indépendant est soumis au même indicateur qu'un organisme de cinquante salariés. La différence n'est pas l'exigence, c'est le volume.
Sur de petits effectifs, deux réflexes évitent la non-conformité. Publier systématiquement la base : « 12 stagiaires, 9 réponses » est plus solide qu'un « 96 % de satisfaction » isolé, même si le second chiffre paraît plus flatteur. Et ne pas lisser plusieurs années hétérogènes dans un seul taux sans le dire.
Pour un organisme qui n'a pas encore d'historique, aucun texte n'autorise à afficher un chiffre inventé, et aucune obligation n'impose d'en produire un avant d'avoir formé. La pratique défendable consiste à publier une mention explicite : pas de résultats consolidés à ce jour, date de la première mesure prévue, liste des indicateurs qui seront diffusés et leur mode de calcul. L'auditeur examine alors le dispositif de recueil et sa réalité. Cette situation est fréquente lors d'une première certification, et elle se traite très bien à condition d'être anticipée.
| Situation | Action |
|---|---|
| Aucun résultat publié | Créer une page publique « Nos résultats », y placer deux à trois indicateurs et leur note de méthode |
| Des taux publiés sans méthode | Ajouter période, population, nombre de répondants et formule sous chaque chiffre |
| Chiffres identiques depuis plusieurs années | Recalculer sur la dernière période close et dater la mise à jour |
| Un taux unique pour tout le catalogue | Distinguer par type de prestation, et par public si les publics diffèrent nettement |
| Prestations certifiantes au catalogue | Traiter en plus les taux d'obtention, au titre de l'indicateur voisin |
| Organisme sans historique | Publier la mention d'absence de résultats consolidés et le dispositif de mesure prévu |
Le pourcentage orphelin. Un « 98 % de satisfaction » sans base, sans période et sans date. C'est le relevé le plus courant sur cet indicateur.
L'indicateur d'activité présenté comme un résultat. Le nombre de stagiaires formés, le nombre de sessions ou les heures réalisées décrivent le volume, pas le résultat obtenu.
Le chiffre non reconstituable. Le taux affiché ne se retrouve pas dans les questionnaires ou l'extraction fournie. Le problème devient un problème de fiabilité de l'information diffusée au public.
La donnée enfermée. Les résultats existent mais ne sont communiqués qu'après un contact commercial. L'indicateur exige une diffusion, pas une mise à disposition sur demande.
La méthode qui change sans être signalée. Passer d'une moyenne à un pourcentage de répondants satisfaits sans le mentionner rend les évolutions illisibles. Si la méthode change, dites-le et indiquez à partir de quelle période.
La confusion avec l'indicateur sur la certification. Afficher un taux d'obtention à la place des indicateurs de résultats généraux laisse l'indicateur 2 sans preuve propre.
LIDEO est un cabinet de conseil. LIDEO n'est pas un organisme de formation et n'est pas certifié Qualiopi : nous accompagnons nos clients dans l'obtention de leur propre certification. Cet article décrit l'état du droit et de l'information disponible au 18 septembre 2026 et ne remplace pas l'avis de votre certificateur.
L'indicateur 2 du référentiel V10 impose de diffuser publiquement des indicateurs de résultats cohérents avec vos prestations et vos publics, et d'expliquer comment ils sont calculés. La nouvelle version reprend l'indicateur sans changement de fond : la conformité se joue sur la pratique, pas sur le texte. Un chiffre daté, sourcé, accompagné de sa base et de sa formule passe l'audit ; un pourcentage isolé ne passe pas.
Sur l'indicateur 2 Qualiopi 👉🏻
Le référentiel ne fixe pas de liste fermée. Il demande des indicateurs adaptés à la nature des prestations et aux publics accueillis. Un organisme qui vend de la formation continue courte publie généralement un taux de satisfaction, un taux de réalisation et un taux d'atteinte des objectifs pédagogiques. Un organisme qui prépare à une certification professionnelle doit en plus traiter les taux d'obtention, qui relèvent d'un indicateur distinct.
Le texte dit « diffuse », sans imposer de support unique. La diffusion doit être accessible au public, c'est-à-dire consultable sans créer de compte ni demander un devis. Un site internet est le support le plus simple à montrer en audit. Un organisme sans site peut utiliser une plaquette publique, une fiche produit sur une plateforme de financement ou un document transmis systématiquement à tout prospect, à condition de pouvoir prouver cette diffusion.
Cela signifie qu'un lecteur extérieur doit pouvoir comprendre d'où vient le chiffre sans vous appeler. Il faut indiquer la période couverte, la population prise en compte, le nombre de personnes concernées, le nombre de réponses obtenues et la formule utilisée. Un pourcentage seul, sans base ni période, ne satisfait pas l'indicateur.
Un organisme sans historique ne peut pas inventer des taux. Il indique publiquement qu'il n'a pas encore de résultats consolidés, précise la période de première mesure et décrit les indicateurs qu'il mettra en ligne ainsi que leur mode de calcul. L'auditeur vérifie alors le dispositif de mesure prévu et sa mise en œuvre effective, pas l'existence d'un chiffre.
Oui. L'indicateur s'applique à tout prestataire entrant dans le champ de la certification, quelle que soit sa taille. Un organisme unipersonnel a simplement des volumes plus faibles, ce qui rend la mention du nombre de répondants encore plus importante. Afficher un taux calculé sur quelques personnes sans dire combien elles étaient est une non-conformité classique.
Le référentiel n'impose pas une fréquence chiffrée, mais un résultat diffusé doit rester représentatif de l'activité réelle. À notre lecture, une mise à jour au moins annuelle, datée sur la page publique, est le minimum défendable. Un taux affiché depuis plusieurs années sans date de mise à jour est systématiquement relevé.
Le nouveau référentiel applicable au 1er novembre 2026, indicateur par indicateur, avec ce qui change par rapport à la version actuelle. À cocher pendant la préparation de votre audit.
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Fondateur de LIDEO. Il accompagne des entrepreneurs sur la création de leur organisme de formation — déclaration d'activité, certification Qualiopi, référencement EDOF et financements OPCO — et assiste à des audits Qualiopi chaque semaine aux côtés de ses clients.
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