Indicateur 4 Qualiopi (V10)
L'indicateur 4 est celui de l'analyse du besoin. Il paraît simple et reste l'un des plus repris en audit, faute de traces écrites. Voici ce qu'il faut montrer.
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Par Jérémie Chiari · Publié le · 8 min de lecture
L'indicateur 3 du référentiel national qualité ne s'applique qu'aux prestations conduisant à une certification professionnelle. Le prestataire concerné doit informer sur les taux d'obtention des certifications qu'il prépare, sur la possibilité de valider un ou plusieurs blocs de compétences, et sur les équivalences, passerelles et suites de parcours. La version V10, applicable au 1er novembre 2026, le reprend sans changement de fond.
Relu par Axel Joseph Auguste, cofondateur de LIDEO, spécialiste réglementaire et sécurité — profil
Le texte de l'indicateur 3, au titre du critère 1, est le suivant : « Lorsque le prestataire met en œuvre des prestations conduisant à une certification professionnelle, il informe sur les taux d'obtention des certifications préparées, les possibilités de valider un ou des blocs de compétences, ainsi que sur les équivalences, passerelles, suites de parcours ».
La première proposition définit le périmètre. Cet indicateur est spécifique aux prestations de type certification : il ne s'applique pas à l'ensemble de votre catalogue, mais aux prestations qui conduisent à une certification professionnelle. Si vous ne vendez que de la formation non certifiante, l'indicateur est sans objet pour vous. Dès qu'une seule de vos prestations prépare à une certification, il s'applique à cette prestation, et l'auditeur ira la chercher.
| Membre de phrase | Ce qu'il exige concrètement |
|---|---|
| « Lorsque le prestataire met en œuvre des prestations conduisant à une certification professionnelle » | Périmètre : uniquement les prestations certifiantes. Les autres relèvent des indicateurs généraux du critère 1. |
| « il informe » | L'information est portée au public, sur le support où le prospect choisit la formation. Une donnée détenue en interne ne suffit pas. |
| « sur les taux d'obtention des certifications préparées » | Un taux par certification préparée, pas un taux global de l'organisme, avec une méthode lisible. |
| « les possibilités de valider un ou des blocs de compétences » | Dire si la certification se valide par blocs, lesquels, et comment le candidat s'inscrit sur un bloc seul. |
| « ainsi que sur les équivalences, passerelles, suites de parcours » | Trois rubriques distinctes, issues de la certification elle-même, à reprendre et non à inventer. |
L'essentiel
L'indicateur figure à l'annexe du décret n° 2026-728 du 1er août 2026, qui fixe la nouvelle version du référentiel national qualité applicable au 1er novembre 2026. L'ensemble des indicateurs et de leur répartition par critère est traité dans notre page de référence sur le référentiel V10.
Pour l'indicateur 3, la rédaction est reprise de la version précédente sans changement de fond. Aucun chantier nouveau n'est donc à ouvrir pour un organisme déjà certifié qui publiait correctement ces informations. La bascule reste toutefois le bon moment pour vérifier que les pages en ligne correspondent à la réalité des certifications préparées : les audits menés après le 1er novembre 2026 s'appuieront sur la nouvelle version du référentiel.
L'auditeur procède comme un prospect : il ouvre la page de la formation certifiante et cherche les quatre informations. Puis il remonte à la source de chacune.
C'est la pièce centrale. Les quatre informations doivent se trouver sur la page où le candidat décide de s'inscrire, pas sur une page générique reléguée en pied de site. Une page « Nos résultats » unique satisfait plutôt l'indicateur 2 ; l'indicateur 3 attend une information rattachée à la certification préparée.
Un pourcentage seul ne vaut rien en audit. Indiquez ce qui est mesuré, la période couverte, le nombre de candidats présentés, le nombre d'obtentions et la formule retenue. Une formulation exploitable ressemble à : « Taux d'obtention de la certification X : candidats ayant obtenu la certification rapportés aux candidats présentés au jury, sessions closes du 1er janvier au 31 décembre 2025 ; données mises à jour le 15 janvier 2026. » Les nombres sont les vôtres, la structure est celle-ci.
Attention à la population retenue. Un taux calculé sur les seuls candidats présentés ne dit pas la même chose qu'un taux calculé sur tous les inscrits : les deux sont défendables, à condition d'être explicites. Ce qui ne l'est pas, c'est de changer de base d'une certification à l'autre sans le signaler.
L'auditeur peut demander à reconstituer le chiffre. Conservez les procès-verbaux de jury, les attestations ou l'extraction transmise par le certificateur, avec un lien clair entre cette source et le taux affiché. Si le taux publié ne se retrouve pas dans les pièces, la non-conformité porte sur la fiabilité de l'information diffusée au public, ce qui est plus lourd qu'une erreur de calcul.
Pour une certification enregistrée au répertoire national des certifications professionnelles, dites lesquels des blocs peuvent être validés séparément, et ce que cela implique concrètement : est-il possible de s'inscrire sur un bloc seul chez vous, à quel tarif, selon quelles modalités d'évaluation. Une mention « validation possible par blocs » sans liste ni modalité est régulièrement relevée. Pour une certification du répertoire spécifique, qui n'est pas découpée en blocs, écrivez-le : une rubrique vide se lit comme un oubli.
Ces trois rubriques ne vous appartiennent pas : elles relèvent du certificateur et figurent sur la fiche officielle de la certification. Reprenez-les fidèlement, indiquez la date de reprise et renvoyez à la fiche. Si le certificateur indique qu'il n'existe pas d'équivalence, publiez cette absence plutôt que de laisser un blanc. Prévoyez une relecture au moment de chaque renouvellement d'habilitation : ces rubriques évoluent sans que vous en soyez averti.
| Exigence de l'indicateur | Preuve attendue en audit |
|---|---|
| Information portée au public | Page de la prestation certifiante accessible sans compte ni demande de devis |
| Taux d'obtention par certification | Chiffre publié, daté, avec période, effectif présenté et formule |
| Fiabilité du taux | Procès-verbaux de jury ou extraction du certificateur permettant de reconstituer le calcul |
| Blocs de compétences | Liste des blocs validables et modalités d'inscription sur un bloc seul, ou mention explicite d'absence de blocs |
| Équivalences et passerelles | Reprise fidèle de la fiche officielle, datée, avec renvoi à la source |
| Suites de parcours | Poursuites possibles indiquées sur la page, cohérentes avec la fiche de la certification |
Trois situations reviennent souvent et se traitent sans difficulté dès lors qu'elles sont anticipées.
Le catalogue sans certification. L'indicateur est sans objet. Cela ne dispense de rien d'autre : l'information détaillée sur les prestations reste due au titre de l'indicateur 1.
La première session non encore passée en jury. Vous ne pouvez pas afficher un taux. Publiez la mention d'absence de résultats à ce jour, la date prévue de première mesure et la méthode de calcul retenue. L'auditeur regarde alors le dispositif, pas le chiffre.
L'organisme unipersonnel. L'exigence est identique à celle d'un organisme de cinquante salariés ; seul le volume change. Sur de petits effectifs, publiez toujours la base : « 7 candidats présentés, 6 obtentions » se défend, « 86 % de réussite » sans effectif ne se défend pas. Ne lissez pas plusieurs années hétérogènes dans un taux unique sans le dire, et ne masquez pas une session sans obtention : l'écart entre le taux affiché et les procès-verbaux est ce que l'auditeur vérifie.
| Situation | Action |
|---|---|
| Prestations certifiantes sans taux publié | Calculer le taux par certification sur la dernière période close et le publier sur la fiche concernée |
| Taux publié sans méthode | Ajouter période, effectif présenté, nombre d'obtentions et formule sous le chiffre |
| Taux global pour tout le catalogue | Éclater par certification préparée : c'est la certification qui porte le taux |
| Mention « validation par blocs » sans détail | Lister les blocs validables et les modalités d'inscription sur un bloc seul |
| Rubriques équivalences et passerelles vides | Reprendre la fiche officielle de la certification, dater la reprise, publier l'absence le cas échéant |
| Première session non encore évaluée | Publier la mention d'absence de résultats et la date de première mesure |
| Habilitation renouvelée récemment | Relire les quatre rubriques : elles ont pu changer côté certificateur |
Le taux global de l'organisme. Un chiffre unique de réussite présenté pour l'ensemble du catalogue ne répond pas à « les taux d'obtention des certifications préparées ». L'indicateur raisonne par certification.
Le pourcentage sans base. Un taux d'obtention sans période, sans effectif et sans date de mise à jour est le relevé le plus courant sur cet indicateur comme sur son voisin.
Le taux non reconstituable. Le chiffre affiché ne se retrouve pas dans les procès-verbaux de jury. Le sujet devient la fiabilité de l'information diffusée.
Les blocs évoqués sans modalité. Annoncer la validation par blocs sans dire lesquels ni comment s'inscrire sur un bloc laisse l'exigence sans preuve.
Les passerelles réécrites de mémoire. Ces rubriques appartiennent au certificateur. Une reformulation approximative devient vite une information erronée, ce que le critère 1 interdit explicitement au titre de l'information du public.
La confusion avec l'indicateur 2. Publier des taux de satisfaction et de réalisation à la place des taux d'obtention laisse l'indicateur 3 sans preuve propre. Les deux indicateurs cohabitent, ils ne se remplacent pas.
L'information réservée au prospect inscrit. Communiquer ces éléments seulement après un entretien commercial ne vaut pas information du public.
LIDEO est un cabinet de conseil. LIDEO n'est pas un organisme de formation et n'est pas certifié Qualiopi : nous accompagnons nos clients dans l'obtention de leur propre certification. Cet article décrit l'état du droit et de l'information disponible au 18 septembre 2026 et ne remplace pas l'avis de votre certificateur ni la communication officielle du certificateur dont vous dépendez.
L'indicateur 3 ne concerne que les prestations conduisant à une certification professionnelle, mais pour celles-ci il exige quatre informations publiques : le taux d'obtention, les blocs validables, les équivalences et passerelles, les suites de parcours. La V10 le reprend sans changement de fond : la conformité se joue sur vos pages, pas sur le texte. Un taux daté, calculé par certification et reconstituable à partir des procès-verbaux de jury passe l'audit ; un pourcentage global et isolé ne passe pas.
Sur l'indicateur 3 Qualiopi 👉🏻
Uniquement les prestataires qui mettent en œuvre des prestations conduisant à une certification professionnelle. Un organisme dont le catalogue ne contient que de la formation non certifiante n'est pas évalué sur cet indicateur, qui est alors sans objet. Dès qu'une seule prestation prépare à une certification, l'indicateur s'applique à cette prestation.
Le référentiel n'impose pas de formule unique. La pratique lisible consiste à rapporter le nombre de candidats ayant obtenu la certification au nombre de candidats présentés au jury ou à l'épreuve, sur une période close et identifiée. L'essentiel est d'indiquer la période, la population retenue et le mode de calcul à côté du chiffre, pour qu'un tiers puisse le reconstituer.
Aucun texte n'autorise à publier un taux inventé. Vous indiquez publiquement que la première session n'a pas encore donné lieu à des résultats, précisez la date prévue de première mesure et décrivez la méthode de calcul retenue. L'auditeur vérifie alors le dispositif prévu et sa cohérence, pas l'existence d'un chiffre.
Les certifications enregistrées au répertoire national des certifications professionnelles sont constituées de blocs de compétences, et l'information sur la possibilité d'en valider un ou plusieurs doit figurer. Les certifications du répertoire spécifique ne sont pas découpées en blocs : dans ce cas, mieux vaut l'écrire explicitement que laisser la rubrique vide.
Oui, et c'est même la source la plus sûre pour les équivalences, passerelles et suites de parcours, qui relèvent du certificateur et non de vous. Reprenez-les fidèlement, datez la reprise et citez la fiche. Réécrire ces rubriques de mémoire est le meilleur moyen de diffuser une information devenue fausse.
Oui, l'exigence ne dépend pas de la taille. Sur de faibles effectifs, publiez systématiquement la base du calcul : « 7 candidats présentés, 6 obtentions » est plus solide qu'un pourcentage isolé. Un taux calculé sur quelques candidats sans mention de l'effectif est une non-conformité classique.
Le nouveau référentiel applicable au 1er novembre 2026, indicateur par indicateur, avec ce qui change par rapport à la version actuelle. À cocher pendant la préparation de votre audit.
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Fondateur de LIDEO. Il accompagne des entrepreneurs sur la création de leur organisme de formation — déclaration d'activité, certification Qualiopi, référencement EDOF et financements OPCO — et assiste à des audits Qualiopi chaque semaine aux côtés de ses clients.
L'indicateur 4 est celui de l'analyse du besoin. Il paraît simple et reste l'un des plus repris en audit, faute de traces écrites. Voici ce qu'il faut montrer.
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