Un programme de formation commenté
Un programme doit expliquer ce que le stagiaire apprendra, comment il le travaillera et comment ses acquis seront évalués. Voici notre méthode sur un exemple.
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Par Jérémie Chiari · Publié le · 12 min de lecture
Le guide de lecture est le document d'accompagnement du référentiel national qualité : pour chaque indicateur, il précise le niveau attendu, les éléments de preuve admis, les spécificités selon la catégorie d'action et les non-conformités. Il explicite le référentiel sans créer d'obligation supplémentaire. Le référentiel, annexe du décret du 1er août 2026, reste le texte qui fait foi, dans sa version applicable à la date de l'audit.
Relu par Axel Joseph Auguste, cofondateur de LIDEO, spécialiste réglementaire et sécurité — profil. Relecture quotidienne après publication.
Un organisme qui prépare Qualiopi lit le référentiel, imprime la liste des indicateurs et commence à réunir des documents. L'auditeur, lui, travaille avec deux documents : le référentiel national qualité — l'annexe du décret du 1er août 2026 — et le guide de lecture, qui précise pour chaque indicateur le niveau attendu et les éléments de preuve admis.
C'est le second qui explique la plupart des non-conformités. Le référentiel dit, en une phrase, ce que l'organisme doit faire. Le guide de lecture dit à quoi on reconnaît que c'est fait. Préparer un audit en ignorant ce document revient à passer un examen sans savoir sur quoi porte la notation.
| Le référentiel national qualité | Le guide de lecture | |
|---|---|---|
| Nature | Annexe d'un décret | Document d'accompagnement publié par le ministère du Travail |
| Contenu | Les 7 critères et les 33 indicateurs, en une phrase chacun | Une fiche par indicateur : niveau attendu, éléments de preuve, spécificités par catégorie d'action, obligations spécifiques, non-conformités |
| Portée | Fixe les exigences | Les explicite, ne les étend pas |
| En cas d'écart entre les deux | Prime | Cède |
| Usage en audit | Fonde l'avis de l'auditeur | Cadre son appréciation, indicateur par indicateur |
| Version à utiliser | Celle en vigueur à la date de l'audit | Celle en ligne sur le site du ministère à la date de l'audit |
La dernière ligne du tableau mérite d'être lue deux fois : rien ne prouve qu'un PDF enregistré sur votre disque dur corresponde encore à la version en ligne. Ce document évolue, et la version périmée ressemble trait pour trait à la version à jour.
L'essentiel
Le référentiel national qualité est fixé par décret. Il s'impose aux organismes qui veulent accéder aux fonds publics et mutualisés — CPF, OPCO, France Travail — et il s'impose aussi aux organismes certificateurs, qui auditent sur sa base. Le décret du 1er août 2026, publié au Journal officiel le 4 août, en a fixé la version applicable aux audits réalisés à partir du 1er novembre 2026 : 33 indicateurs, 7 critères inchangés. Le détail de ce qui change figure dans notre article de référence, Qualiopi V10 : les 33 indicateurs.
Le guide de lecture, lui, n'est pas dans le décret. C'est un document d'accompagnement, publié par le ministère du Travail à côté du référentiel, qui existe parce qu'une phrase de référentiel ne suffit pas à conduire un audit. « Le prestataire informe le public de façon accessible, détaillée et vérifiable » : deux auditeurs pourraient en tirer deux exigences différentes. Le guide de lecture est ce qui garantit qu'ils regardent la même chose.
Il ne s'agit donc pas d'un texte de plus à respecter, mais de l'explicitation d'un texte existant. C'est exactement ce qui fait sa valeur pour vous : il est le meilleur indice public de ce que l'on vous demandera, et il est gratuit.
Le guide de lecture est mis à jour par versions successives, sans préavis et sans communication particulière. Avant de commencer votre préparation, ouvrez la page du ministère du Travail consacrée à Qualiopi dans votre navigateur et posez-vous une seule question : la version en ligne couvre-t-elle le référentiel à 33 indicateurs, ou encore la version précédente ?
Les deux réponses sont exploitables, à condition de savoir laquelle vous avez sous les yeux.
Nous ne citons volontairement ici ni numéro de version ni date de mise à jour : ce sont précisément les deux informations qu'il faut aller vérifier à la source, et non reprendre d'un article de blog.
Une fiche d'indicateur se lit par rubriques, et chaque rubrique répond à une question différente. C'est ce découpage qu'il faut avoir en tête, plus que le contenu détaillé d'un indicateur particulier.
| Rubrique de la fiche | La question à laquelle elle répond | Ce que vous en faites |
|---|---|---|
| Niveau attendu | Qu'est-ce qui est exigé, concrètement ? | La phrase à découper en attendus élémentaires |
| Éléments de preuve | À quoi reconnaît-on que c'est fait ? | Le choix de vos propres preuves, parmi celles-ci ou équivalentes |
| Spécificités par catégorie d'action | Cet indicateur me concerne-t-il, et sous quelle forme ? | Le périmètre réel de votre audit |
| Obligations spécifiques | Y a-t-il un autre texte derrière cet indicateur ? | Les points où une non-conformité est aussi un manquement réglementaire |
| Non-conformités | Qu'est-ce qui fait tomber l'indicateur ? | Votre auto-contrôle avant l'audit |
Le niveau attendu n'est jamais une exigence unique. C'est une phrase composée, et chaque membre de phrase est une exigence que l'auditeur prend séparément. Un attendu qui dit qu'un dispositif est « mis en place, dont les résultats sont partagés avec les équipes et donnent lieu à une démarche d'amélioration dont l'efficacité est mesurée » contient quatre exigences : le dispositif, le partage, la démarche, la mesure. Trois sur quatre, c'est une non-conformité.
Prenez la phrase, mettez-la en liste à puces, et regardez chaque puce séparément. C'est le seul exercice qui compte vraiment dans la préparation d'un audit, et il ne demande aucun outil.
C'est la rubrique la plus lue et la plus mal utilisée. Le guide liste des preuves admises, à titre d'exemple. Il ne vous commande pas de les produire toutes, et il n'interdit pas une preuve équivalente qui ne figure pas dans la liste.
La conséquence pratique est contre-intuitive : un dossier plus mince peut être meilleur. Un organisme qui présente pour un indicateur un document réel, daté, utilisé dans son activité, passe mieux qu'un organisme qui présente sept modèles téléchargés et jamais appliqués. L'auditeur ne vérifie pas que le document existe, il vérifie que vous faites ce que le document dit — et un document que vous n'utilisez pas se repère en deux questions.
Le référentiel couvre plusieurs catégories d'actions : actions de formation, bilans de compétences, accompagnements à la validation des acquis de l'expérience, actions de formation par apprentissage. Tous les indicateurs ne s'appliquent pas à toutes les catégories, et certains s'appliquent différemment selon la catégorie.
C'est la rubrique qui fait gagner le plus de temps. Un organisme qui ne dispense que des actions de formation classiques n'est pas audité sur les indicateurs propres à l'apprentissage. Commencer par établir la liste des indicateurs qui vous concernent réellement évite de produire des preuves pour des exigences qui ne vous seront jamais opposées — et évite l'inverse, plus grave : découvrir en audit qu'une de vos prestations fait entrer un indicateur supplémentaire dans le périmètre.
Certains attendus renvoient à des obligations qui existent par ailleurs dans la réglementation. Sur ces points, une non-conformité en audit ne se règle pas seulement avec un document : elle signale un manquement qui peut intéresser d'autres acteurs, un financeur ou un service de contrôle. Ces attendus méritent donc d'être traités en premier, avant ceux qui ne relèvent que de la démonstration qualité.
Contre-intuitif encore, mais efficace : commencez chaque fiche par la fin. La rubrique des non-conformités décrit les situations qui font échouer l'indicateur. Elle est plus courte, plus concrète et plus facile à confronter à votre réalité que la liste des preuves. Si vous vous reconnaissez dans l'une d'elles, vous savez immédiatement où travailler.
La méthode tient en six étapes, dans cet ordre. L'ordre compte : la plupart des dossiers échouent parce qu'ils commencent par l'étape 4.
Il ne crée pas d'obligation nouvelle. Si une exigence ne se rattache à aucun indicateur du référentiel, elle n'est pas opposable en audit, quelle que soit la manière dont elle est formulée.
Il ne remplace pas le jugement de l'auditeur. Le guide cadre l'appréciation ; il ne l'automatise pas. Deux organismes peuvent démontrer le même attendu avec des preuves différentes et être tous les deux conformes.
Il ne dispense pas de lire le référentiel. Le texte qui fait foi est l'annexe du décret, et c'est à lui qu'il faut revenir dès qu'une question de principe se pose — notamment, en ce moment, sur les exigences ajoutées par la nouvelle version.
Il ne se confond pas avec la grille de votre certificateur. Un certificateur peut publier ses propres documents et préciser ses attentes de forme. Il ne peut pas ajouter d'exigence au référentiel. Sur le choix du certificateur et sur ce qu'il est légitime de lui demander, voir notre article choisir son organisme certificateur.
| Votre situation | L'action utile |
|---|---|
| Audit avant le 31 octobre 2026 | Travaillez sur le guide de lecture correspondant au référentiel en vigueur ce jour-là. Mais préparez déjà le suivant : certains attendus de la nouvelle version demandent d'avoir collecté des données sur plusieurs sessions |
| Audit à partir du 1er novembre 2026 | Vérifiez d'abord quelle version du guide est en ligne. Puis reprenez, indicateur par indicateur, les exigences ajoutées : c'est là que tomberont les non-conformités |
| Premier audit, organisme récent | Commencez par le périmètre, pas par les documents. Un dossier construit sur un modèle générique trouvé en ligne contient toujours des preuves inutiles et des attendus non couverts |
| Vous travaillez sur un PDF téléchargé il y a plus de six mois | Jetez-le et retournez à la page officielle. Le coût de l'erreur est une non-conformité ; le coût de la vérification est de deux minutes |
| Un attendu vous paraît impossible à démontrer | Reformulez-le en question : « qu'est-ce qui, chez moi, montre cela ? » Si la réponse est « rien », le sujet est une pratique à créer, pas une preuve à trouver |
Prendre la liste des preuves pour une liste de courses. L'erreur la plus répandue. Elle produit des dossiers volumineux, coûteux à constituer, et qui ne résistent pas à la première question sur l'usage réel des documents.
Chercher un document par indicateur. Un document peut couvrir plusieurs indicateurs ; un indicateur peut demander plusieurs preuves de nature différente. Le classement se fait par attendu, pas par fichier.
Sauter la rubrique des spécificités. C'est ainsi qu'on prépare des preuves pour des indicateurs qui ne s'appliquent pas, en oubliant ceux qu'une prestation particulière fait entrer dans le périmètre.
Travailler sur une version périmée. Rien, dans le document, ne vous alertera. Seule la page officielle le fera.
Confondre le guide et le référentiel dans la discussion avec l'auditeur. Si un point est discuté, la référence à citer est l'indicateur du référentiel, pas la ligne d'exemple du guide.
Fabriquer la preuve la veille. Un document daté du jour précédant l'audit, pour un attendu qui suppose une pratique continue, attire l'attention au lieu de la détourner.
LIDEO est un cabinet de conseil. LIDEO n'est pas un organisme de formation et n'est pas certifié Qualiopi : nous accompagnons nos clients dans l'obtention de leur propre certification. Cet article décrit l'état du droit et de l'information disponible au 28 septembre 2026 et ne remplace pas la version officielle du référentiel et de son guide de lecture publiée par le ministère du Travail, ni l'avis de votre organisme certificateur. C'est la version officielle en vigueur à la date de votre audit qui fait foi.
Le guide de lecture est le document le plus utile de la préparation Qualiopi, et le moins lu : il dit, indicateur par indicateur, ce qu'un auditeur attend et à quoi il reconnaît que c'est fait, sans rien ajouter au référentiel. Il se lit fiche par fiche et rubrique par rubrique, en commençant par le périmètre et par les non-conformités.
Les preuves qu'il cite sont des exemples : votre travail consiste à découper chaque attendu en exigences élémentaires, puis à mettre en face une pratique réelle et sa trace. Et la seule version qui compte est celle publiée par le ministère du Travail à la date de votre audit — à vérifier dans votre navigateur, avant de commencer.
Sur le guide de lecture du référentiel 👉🏻
Sur le site du ministère du Travail, sur la page consacrée à la certification Qualiopi, dans la même rubrique que le référentiel. C'est la seule version à utiliser. Les PDF qui circulent sur des sites tiers, des forums ou des espaces de partage peuvent correspondre à une version antérieure, sans que rien ne le signale dans le document lui-même.
Non. Le référentiel national qualité est l'annexe d'un décret : c'est lui qui fixe les exigences. Le guide de lecture est un document d'accompagnement qui explicite ces exigences, sans pouvoir les étendre. En cas d'écart entre les deux, le référentiel prime. En pratique, l'écart est rare et le guide reste la meilleure indication de ce qu'un auditeur va chercher.
Ce sont des exemples. Le guide indique des preuves admises, pas une liste de pièces à fournir intégralement. Vous devez démontrer l'attendu ; le choix des preuves vous appartient, à condition qu'elles soient réelles, datées et cohérentes avec votre activité. Produire les dix exemples cités sans les pratiquer est un mauvais calcul : l'auditeur interroge la pratique, pas la pile de documents.
C'est le point à vérifier directement sur la page du ministère du Travail avant de commencer votre préparation : regardez si la version en ligne couvre le référentiel à 33 indicateurs ou encore la version précédente. Nous ne citons volontairement ni numéro de version ni date ici, parce que ce document est mis à jour sans préavis. La version officielle en ligne à la date de votre audit fait foi.
Un certificateur peut publier sa propre grille et préciser ses attentes de forme, par exemple la manière de lui transmettre les preuves. Il ne peut pas créer une exigence qui ne figure pas dans le référentiel. Si une demande vous paraît sortir du cadre, demandez à quel indicateur et à quel attendu elle se rattache : la réponse clarifie presque toujours la situation.
Non, et c'est une erreur fréquente. Un même document peut couvrir plusieurs indicateurs, et un seul indicateur peut demander plusieurs preuves de nature différente. Ce qui compte est la correspondance entre chaque attendu de la fiche et un élément que vous pouvez montrer, pas le nombre de fichiers dans votre classeur.
Le nouveau référentiel applicable au 1er novembre 2026, indicateur par indicateur, avec ce qui change par rapport à la version actuelle. À cocher pendant la préparation de votre audit.
PDF · 4 pages · 33 indicateurs · 7 critères
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Écrit par
Fondateur de LIDEO. Il accompagne des entrepreneurs sur la création de leur organisme de formation — déclaration d'activité, certification Qualiopi, référencement EDOF et financements OPCO — et assiste à des audits Qualiopi chaque semaine aux côtés de ses clients.
Un programme doit expliquer ce que le stagiaire apprendra, comment il le travaillera et comment ses acquis seront évalués. Voici notre méthode sur un exemple.
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