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Audit Qualiopi : qui doit répondre à l'auditeur, le dirigeant ou son consultant ?

Dirigeant assis à son bureau devant plusieurs dossiers ouverts, un ordinateur portable et une chemise verte, en train de préparer un entretien

Par Jérémie Chiari · Publié le · 8 min de lecture

Lors d'un audit Qualiopi, l'auditeur doit rencontrer des personnes de l'organisme : le plan d'audit les nomme, et le ministère du Travail précise qu'il s'agit du personnel interne figurant sur l'organigramme. Un consultant ne peut donc pas répondre seul à la place de l'organisme. Le gouvernement a annoncé en juillet 2025 que la présence du dirigeant deviendrait obligatoire ; début octobre 2026, ce texte n'est pas publié.

Relu par Axel Joseph Auguste, cofondateur de LIDEO, spécialiste réglementaire et sécurité — profil. Relecture quotidienne après publication.

Qui l'auditeur doit-il rencontrer ?

Le jour de l'audit, l'auditeur ne vient pas valider un classeur. Il vient vérifier qu'un organisme applique ce qu'il a écrit, et il le fait en interrogeant les personnes qui y travaillent. La règle tient en une phrase : c'est le personnel de l'organisme qui répond, pas un tiers.

Quatre situations reviennent dans les questions que nous recevons. Voici ce que disent les textes pour chacune, à la date de cet article.

Qui est face à l'auditeurPeut-il répondre ?
Le dirigeantOui : il fait partie du personnel de l'organisme. Sa présence doit devenir obligatoire (annonce de juillet 2025, texte non publié)
Un salarié de l'organismeOui, s'il figure sur l'organigramme et dans le plan d'audit (arrêté du 31 mai 2023, questions-réponses du ministère du Travail)
Un consultant externe, seulNon : il n'appartient pas au personnel interne de l'organisme
Un consultant externe, en plus du personnelSa présence n'est interdite par aucun texte publié et dépend du certificateur. Il ne répond pas à la place de l'organisme

L'essentiel

  • Depuis le 1er septembre 2023, le plan d'audit nomme les personnes de l'organisme que l'auditeur rencontre.
  • Le ministère du Travail précise qu'il s'agit du personnel interne, celui de l'organigramme transmis au certificateur.
  • La présence obligatoire du dirigeant a été annoncée en juillet 2025 ; début octobre 2026, le texte n'est pas publié.
  • Le décret du 1er août 2026 change les indicateurs, pas le déroulement de l'audit.
  • Un consultant prépare l'organisme ; il ne le représente pas devant l'auditeur.

D'où vient la règle : trois textes, trois statuts

La confusion actuelle vient de ce que trois sources différentes circulent, et qu'elles n'ont pas la même valeur. Les distinguer évite de prendre une annonce pour une obligation, ou une obligation pour une rumeur.

Ce qui s'applique depuis le 1er septembre 2023

L'arrêté du 31 mai 2023 a modifié les modalités d'audit. Il prévoit que le certificateur transmet un plan d'audit à l'organisme, et que ce plan « détermine le périmètre de l'audit, les noms des personnes de l'organisme candidat à rencontrer ». Le même arrêté pose que l'audit initial se tient « dans les locaux de l'organisme candidat », sauf si celui-ci ne dispose pas de locaux dédiés.

Le ministère du Travail a précisé la lecture de ce texte dans ses questions-réponses sur la certification qualité, version 2 du 1er septembre 2023. À la question « La présence d'un personnel de l'organisme candidat est-elle obligatoire lors de l'audit ? », il répond : « Oui, le plan d'audit doit mentionner le nom des personnes de l'organisme candidat à rencontrer. On entend par personnel de l'organisme le personnel interne de l'organisme, figurant sur l'organigramme transmis à l'organisme certificateur. »

Ce document est une doctrine administrative : il explique comment l'administration lit l'arrêté, sans avoir lui-même la force d'un arrêté. C'est néanmoins la référence qu'utilisent les certificateurs. Un consultant qui se présente seul devant l'auditeur, au nom de l'organisme, sort de ce cadre.

Ce qui est annoncé depuis juillet 2025

Le plan qualité et lutte contre la fraude dans la formation professionnelle, présenté par le gouvernement en juillet 2025, va plus loin. Il annonce : « Les contrôles sur place seront systématisés et la présence du dirigeant de l'organisme de formation lors de l'audit sera obligatoire. Cela permettra de proscrire certaines pratiques actuelles où les conseils externes représentaient l'organisme dans les échanges avec l'auditeur, ne permettant pas de réellement apprécier l'appropriation par l'organisme de formation des attendus de Qualiopi. »

Le mot important est « appropriation ». L'objectif affiché n'est pas d'écarter les consultants de la préparation, mais de s'assurer que l'organisme comprend ce qu'il présente.

Le calendrier du plan plaçait le renforcement des modalités d'audit au second semestre 2025. Début octobre 2026, le texte qui doit rendre cette présence obligatoire n'est pas publié. Des orientations sont à l'étude ; un organisme certificateur qui les relaie indique lui-même qu'aucun texte officiel n'a été publié à ce stade. Elles évoquent la présence du dirigeant ou d'un salarié mandaté à l'audit initial, et un plan d'audit transmis au moins trente jours avant. Tant qu'elles ne sont pas publiées, ces orientations restent des projets : elles peuvent changer.

Ce que le décret du 1er août 2026 ne dit pas

Beaucoup d'articles rattachent la présence du dirigeant au décret n° 2026-728 du 1er août 2026 et à la date du 1er novembre 2026. C'est une erreur de lecture. Ce décret remplace la liste des indicateurs du référentiel national qualité, qui passe à 33 indicateurs. Il entre en vigueur le 1er novembre 2026.

Il ne contient aucune disposition sur le déroulement de l'audit, sur la présence du dirigeant ou sur le rôle des consultants. Ces sujets relèvent de l'arrêté sur les modalités d'audit, pas du décret sur le référentiel. À notre lecture, c'est donc un arrêté modificatif qu'il faut surveiller, et non une nouvelle version du décret.

Ce que ça change le jour de l'audit

L'auditeur interroge une pratique, pas un classeur

Un dossier de preuves bien rédigé ne suffit pas si la personne qui le présente ne peut pas l'expliquer. L'auditeur pose des questions ouvertes, demande à voir un exemple réel, puis remonte le fil : d'où vient ce document, qui le remplit, que se passe-t-il quand il révèle un problème.

Voici le type de questions qu'un dirigeant doit pouvoir traiter sans chercher ses mots. Ce sont des exemples, pas une liste officielle :

  • Comment recueillez-vous le besoin d'un stagiaire avant son entrée en formation ?
  • Montrez-moi une évaluation réalisée sur votre dernière session, et ce que vous en avez fait.
  • Que se passe-t-il quand un stagiaire formule une réclamation ?
  • Comment vérifiez-vous les compétences d'un formateur avant de lui confier une session ?

Aucune de ces questions ne se règle en tendant un document. Chacune demande de raconter ce que l'organisme fait réellement.

Un consultant peut-il être dans la pièce ?

Aucun texte publié n'interdit qu'un accompagnateur soit présent en plus du personnel de l'organisme, et certains certificateurs l'indiquent expressément dans la description de leur processus d'audit. D'autres sont plus restrictifs. La seule réponse fiable est celle de votre certificateur : demandez-la par écrit avant l'audit.

Deux précautions s'imposent. La première : même présent, un consultant ne répond pas à la place de l'organisme. La seconde : l'annonce de juillet 2025 vise précisément cette situation. Organiser son audit autour de la présence d'un tiers, c'est construire sur une pratique que les pouvoirs publics ont dit vouloir proscrire.

Ce qui ne change pas

Se faire accompagner reste permis, et utile. Rien, dans les textes publiés comme dans les orientations à l'étude, ne limite le recours à un cabinet pour construire le système qualité, rédiger les procédures, organiser les preuves et préparer l'entretien.

L'indépendance du certificateur ne bouge pas non plus : celui qui audite ne peut pas être celui qui a préparé le dossier. Nous l'expliquons dans notre guide pour choisir son organisme certificateur.

Le cycle reste le même : un audit initial, un audit de surveillance, puis un renouvellement au terme des trois ans. Seul le référentiel change au 1er novembre 2026.

Que faire, selon votre situation

SituationAction
Votre audit initial approcheRelisez le plan d'audit : les personnes nommées doivent figurer sur l'organigramme transmis au certificateur. Préparez-vous à répondre vous-même
Votre consultant devait répondre à votre placeDemandez-lui de vous préparer à l'entretien plutôt que de vous y représenter, et vérifiez la position de votre certificateur
Vous dirigez seul votre organismeC'est vous que l'auditeur rencontre. Entraînez-vous sur chaque indicateur, sans compter sur un relais
Plusieurs personnes seront entenduesPréparez chacune sur les indicateurs qui la concernent : un formateur sur ses évaluations, un référent sur son périmètre
Vous n'avez pas encore choisi de consultantDemandez-lui comment il vous prépare à l'oral. Une offre qui promet de passer l'audit pour vous ne correspond plus au cadre
Votre audit a lieu après le 1er novembre 2026Ajoutez la mise à niveau sur le référentiel à 33 indicateurs à votre préparation

Comment se préparer à répondre soi-même

La préparation tient en quatre étapes, dans cet ordre.

  1. Relire le dossier indicateur par indicateur. Pour chacun, sachez dire en deux phrases ce que fait votre organisme, puis quelle preuve le montre.
  2. Savoir où est chaque preuve. Un auditeur qui attend cinq minutes qu'on retrouve un document en conclut que le document ne sert pas.
  3. S'entraîner à voix haute. Un audit blanc, avec quelqu'un qui joue l'auditeur, fait apparaître les indicateurs où vous récitez sans pouvoir expliquer.
  4. Corriger avant le jour J. Ce que l'audit blanc révèle se corrige en quelques jours. Découvert en audit, cela devient une non-conformité.

C'est la méthode de notre accompagnement Qualiopi. Nous rédigeons le dossier, puis nous préparons le dirigeant : il parcourt l'audit indicateur par indicateur dans Skilzy, un logiciel édité par LIDEO LLC, puis passe un audit blanc avec son consultant. Le consultant n'assiste pas à l'audit. Le détail des coûts figure sur notre page budget Qualiopi.

Les erreurs fréquentes

Croire que tout change au 1er novembre 2026. Cette date concerne le référentiel. La présence de personnel de l'organisme est exigée depuis 2023, et l'obligation visant le dirigeant n'a pas encore de date.

Envoyer son consultant seul. C'est la situation que les textes en vigueur écartent déjà, et celle que l'annonce de 2025 vise nommément.

Découvrir son dossier le jour de l'audit. Un dossier rédigé par un tiers et jamais relu se voit à la première question ouverte.

Nommer dans le plan d'audit quelqu'un qui n'est pas sur l'organigramme. Le plan d'audit et l'organigramme transmis au certificateur doivent raconter la même organisation.

Attendre le texte pour se préparer. Qu'il paraisse dans un mois ou dans un an, la préparation est la même : savoir expliquer ce que fait son organisme.

Avertissement

LIDEO est un cabinet de conseil. LIDEO n'est pas un organisme de formation et n'est pas certifié Qualiopi : nous accompagnons nos clients dans l'obtention de leur propre certification. Cet article décrit l'état du droit et de l'information disponible au 3 octobre 2026. Le texte rendant obligatoire la présence du dirigeant n'était pas publié à cette date ; il ne remplace ni la consultation des textes officiels ni la réponse de votre organisme certificateur, seul compétent pour dire qui peut assister à votre audit.

En résumé

Depuis le 1er septembre 2023, l'auditeur Qualiopi rencontre le personnel de l'organisme, celui de son organigramme : un consultant ne peut pas répondre seul à sa place. Le gouvernement a annoncé en juillet 2025 que la présence du dirigeant deviendrait obligatoire, mais ce texte n'est pas publié début octobre 2026 et le décret du 1er août 2026 n'en dit rien. Dans tous les cas, la préparation utile est la même : connaître son dossier indicateur par indicateur et s'être entraîné à l'expliquer.

Sources

  1. Légifrance — Arrêté du 31 mai 2023 portant diverses mesures en matière de certification qualité des organismes de formation
  2. Gouvernement — Plan qualité et lutte contre la fraude dans la formation professionnelle, dossier de presse, juillet 2025
  3. Légifrance — Décret n° 2026-728 du 1er août 2026 relatif au référentiel national sur la qualité des actions concourant au développement des compétences
  4. Ministère du Travail — Questions-réponses sur la certification qualité, version 2 du 1er septembre 2023 (copie publiée par Certifopac)
  5. Certifopac — Réforme Qualiopi : les orientations à l'étude

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Questions fréquentes

Sur la présence du dirigeant à l'audit 👉🏻

Un consultant peut-il passer l'audit Qualiopi à ma place ?

Non. Le plan d'audit nomme les personnes de l'organisme que l'auditeur rencontre, et le ministère du Travail précise qu'il s'agit du personnel interne figurant sur l'organigramme transmis au certificateur. Un consultant externe n'en fait pas partie : il peut vous préparer, pas vous remplacer face à l'auditeur.

La présence du dirigeant est-elle obligatoire à l'audit Qualiopi ?

Début octobre 2026, aucun texte publié ne l'impose en toutes lettres : ce qui est exigé, c'est la présence de personnel de l'organisme. Le gouvernement a annoncé en juillet 2025 que la présence du dirigeant deviendrait obligatoire. Le texte d'application n'est pas paru et aucune date d'entrée en vigueur n'est fixée. Dans une petite structure, la question est théorique : le dirigeant est souvent la seule personne que l'auditeur peut rencontrer.

Le décret du 1er août 2026 impose-t-il la présence du dirigeant au 1er novembre ?

Non. Le décret n° 2026-728 du 1er août 2026 remplace la liste des indicateurs du référentiel national qualité, applicable aux audits à partir du 1er novembre 2026. Il ne contient aucune disposition sur le déroulement de l'audit, la présence du dirigeant ou le rôle des consultants. Ces règles relèvent d'autres textes.

Mon consultant peut-il assister à l'audit sans répondre ?

Aucun texte publié n'interdit la présence d'un accompagnateur en plus du personnel de l'organisme, et certains certificateurs l'admettent. Elle dépend du règlement de votre certificateur : posez-lui la question par écrit. Dans tous les cas, c'est l'organisme qui répond, et l'annonce de juillet 2025 vise précisément les audits où un conseil externe parle à sa place.

Je suis seul dans mon organisme : qui l'auditeur rencontre-t-il ?

Vous. Un organigramme peut tenir en une ligne. L'auditeur vérifie que la personne qui dirige l'organisme connaît ses procédures et peut montrer ses preuves. C'est une raison de plus de préparer l'entretien, puisqu'aucun collègue ne prendra le relais sur un indicateur que vous maîtrisez moins.

Comment se préparer à répondre seul à l'auditeur ?

Relisez votre dossier indicateur par indicateur, vérifiez que vous savez où se trouve chaque preuve, puis entraînez-vous à voix haute avec quelqu'un qui joue l'auditeur. Un audit blanc révèle les points où vous récitez un document sans pouvoir expliquer la pratique : ce sont ceux qu'un auditeur creuse.

Document offert

La checklist des 33 indicateurs Qualiopi V10

Le nouveau référentiel applicable au 1er novembre 2026, indicateur par indicateur, avec ce qui change par rapport à la version actuelle. À cocher pendant la préparation de votre audit.

PDF · 4 pages · 33 indicateurs · 7 critères

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Jérémie Chiari

Écrit par

Jérémie Chiari

Fondateur de LIDEO. Il accompagne des entrepreneurs sur la création de leur organisme de formation — déclaration d'activité, certification Qualiopi, référencement EDOF et financements OPCO — et prépare chaque semaine des dirigeants à leur audit Qualiopi.

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