Sanctions financières DGEFP
Amende prononcée par l'administration, plafond par manquement et non par contrôle, majoration en cas de récidive : ce que change le pouvoir de sanction financière de la DGEFP pour un organisme de formation.
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Par Jérémie Chiari · Publié le · 10 min de lecture
La loi du 25 juin 2026 permet à l'administration de refuser l'enregistrement d'une déclaration d'activité, ou de l'annuler, lorsque l'organisme ne dispose pas de locaux permettant de réaliser concrètement ses actions de formation, ou lorsque son dirigeant a déjà fait l'objet d'une annulation au cours des quatre années précédentes. Les autres conditions de déclaration restent inchangées.
Relu par Axel Joseph Auguste, cofondateur de LIDEO, spécialiste réglementaire et sécurité — profil
Jusqu'ici, l'enregistrement d'une déclaration d'activité se jouait presque entièrement sur la complétude du dossier : les pièces attendues, une première convention ou un premier contrat, un programme, des intervenants identifiés. La loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales ajoute deux motifs qui portent, eux, sur la réalité de l'activité et sur l'historique de celui qui la porte.
Ces deux motifs jouent dans les deux sens : ils permettent de refuser l'enregistrement d'une déclaration, et ils permettent d'annuler un enregistrement déjà accordé.
| Nouveau motif | Ce que l'administration examine | Effet possible |
|---|---|---|
| Absence de locaux permettant de réaliser concrètement les actions de formation | La réalité d'un lieu d'exercice et sa cohérence avec les actions déclarées | Refus d'enregistrement ou annulation |
| Annulation dont le dirigeant a fait l'objet au cours des quatre années précédentes | L'identité des dirigeants et l'historique des organismes qu'ils ont dirigés | Refus d'enregistrement ou annulation |
Concrètement, un dossier parfaitement rempli peut désormais être refusé. Et un organisme dont le numéro a été délivré sans difficulté peut le perdre si l'un de ces deux motifs est constaté ensuite. C'est un déplacement du contrôle : de la forme vers le fond.
L'essentiel
Le texte est une loi de lutte contre les fraudes sociales et fiscales, pas une réforme de la formation professionnelle. C'est important pour comprendre son esprit : le législateur ne cherche pas à relever le niveau d'exigence pédagogique, il cherche à empêcher l'existence d'organismes qui n'ont pas d'activité réelle mais qui disposent d'un numéro de déclaration d'activité, donc d'une clé d'accès aux financements publics et mutualisés.
Deux profils sont visés en creux. Celui de la structure qui n'a ni lieu, ni moyens, ni intention de former, et qui sert de véhicule de facturation. Et celui du dirigeant qui, après une annulation, ouvre une nouvelle société et redépose une déclaration comme si rien ne s'était passé. Le reste du volet formation de cette loi, notamment côté contrôles sur les financements, est détaillé dans notre article sur la loi anti-fraude du 25 juin 2026.
Il faut le dire clairement : nous sommes en septembre 2026 et la doctrine d'application de ces deux motifs se construit encore. L'appréciation appartient au service régional de contrôle de la DREETS, dossier par dossier. Ce qui suit décrit ce que le texte exige et comment préparer un dossier robuste ; ce n'est pas une grille de notation officielle.
Le motif ne dit pas « avoir un local ». Il dit : disposer de locaux permettant de réaliser concrètement les actions de formation. La formulation est fonctionnelle. Elle renvoie à l'adéquation entre ce que vous déclarez faire et l'endroit d'où vous le faites.
C'est le cas le plus simple à documenter. Il faut pouvoir montrer un lieu où l'on accueille des apprenants et un droit d'y accueillir. Cela peut prendre plusieurs formes selon votre organisation : un bail, un contrat de domiciliation incluant la mise à disposition de salles, un abonnement d'espace partagé, un contrat de location de salle à la journée, une convention avec le client qui met le lieu à disposition dans ses propres murs.
La loi ne fixe pas de surface, ni de nombre de salles, ni de forme de contrat. Le point de vigilance est ailleurs : la cohérence. Déclarer des sessions de quinze personnes en présentiel avec, pour seul justificatif, un poste dans un espace de coworking ouvert crée une contradiction que l'administration peut relever.
C'est la question que se posent la majorité des organismes qui se créent aujourd'hui, et la réponse honnête est qu'elle s'apprécie au cas par cas. À notre lecture, un organisme exclusivement distanciel n'échappe pas au motif : il doit démontrer les moyens correspondant à sa modalité, plutôt que des salles qu'il n'utilise pas.
En pratique, nous conseillons de documenter quatre choses :
Un organisme mixte doit documenter les deux volets. Et si la modalité n'est pas encore arrêtée, mieux vaut déclarer ce que vous êtes réellement en mesure de faire tout de suite que l'intégralité de ce que vous espérez faire un jour. La déclaration se met à jour ; un refus se conteste.
Le cas le plus exposé est celui de l'organisme qui n'a qu'une adresse de boîte aux lettres, aucun moyen d'exercice identifiable dans le dossier, et un programme qui décrit des actions en présentiel. Le deuxième cas est celui de l'adresse déclarée qui ne correspond à rien de ce que raconte le reste du dossier : intervenants dans une autre région, première convention signée pour des sessions ailleurs, absence de tout titre d'occupation. Ce n'est pas la modestie des moyens qui pose problème. C'est l'absence de lien démontrable entre les moyens et les actions.
Le second motif est d'une autre nature : il ne regarde pas la structure, il regarde la personne. Si le dirigeant a fait l'objet d'une annulation au cours des quatre années précédentes, l'administration peut refuser d'enregistrer sa nouvelle déclaration, ou annuler l'enregistrement déjà prononcé.
Trois conséquences pratiques.
D'abord, créer une nouvelle société ne remet pas le compteur à zéro. Le motif est attaché au dirigeant, pas au SIREN. Changer de forme juridique, de dénomination ou de département ne fait pas disparaître l'antécédent.
Ensuite, la composition de la direction devient un sujet du dossier. Si vous vous associez, l'historique de vos associés dirigeants compte autant que le vôtre. Cette vérification est à faire avant de nommer quelqu'un dirigeant, pas après le dépôt.
Enfin, le silence est le plus mauvais choix. Si un antécédent existe, il vaut mieux le traiter de front : rappeler les faits, ce qui a motivé l'annulation, ce qui a changé depuis, et ce que le nouveau projet met en place pour que la cause ne se reproduise pas. Le texte ouvre une faculté de refus, pas une interdiction automatique — mais on ne peut pas espérer convaincre sur un point qu'on n'a pas abordé.
La déclaration d'activité reste une déclaration, pas un agrément. On ne demande pas l'autorisation d'exister : on déclare une activité qui a déjà commencé, sur la base d'une première convention ou d'un premier contrat de formation.
Le contenu du dossier reste celui prévu par le Code du travail — identité de l'organisme, première convention ou contrat, programme de la ou des actions, titres et qualités des intervenants. Vérifiez la liste exacte et le mode de dépôt auprès de votre DREETS ou sur le service en ligne dédié : ces modalités évoluent indépendamment de la loi.
Et surtout, la déclaration d'activité reste distincte de la certification Qualiopi. Le numéro de déclaration permet d'exercer ; Qualiopi conditionne l'accès aux fonds publics et mutualisés. Les deux se préparent en parallèle mais ne s'obtiennent pas au même endroit — voir nos pages création d'organisme de formation et éligibilité CPF.
| Votre situation | L'action à mener |
|---|---|
| Je prépare ma déclaration, activité en présentiel | Joindre le titre d'occupation du lieu et vérifier qu'il est cohérent avec le programme et la première convention |
| Je prépare ma déclaration, activité 100 % distancielle | Décrire le lieu d'animation, la plateforme, le matériel et le dispositif d'assistance des apprenants, justificatifs à l'appui |
| Je suis domicilié chez moi | Documenter le droit d'occuper le lieu et les moyens d'exercice ; ne pas déclarer de présentiel que vous ne pouvez pas tenir |
| J'utilise un espace partagé ou de la location à la journée | Conserver le contrat ou l'abonnement et les réservations de salles, et ajuster les capacités annoncées |
| Un dirigeant a eu une annulation depuis moins de quatre ans | Traiter le point explicitement dans le dossier, ou revoir la composition de la direction avant le dépôt |
| Je reçois une demande de complément | Répondre dans le délai indiqué, par écrit, avec les pièces demandées et rien d'autre |
| Ma déclaration est refusée | Lire les motifs et les voies de recours indiquées sur la décision, puis choisir entre recours et nouveau dépôt corrigé |
| Mon enregistrement est annulé | Cesser d'engager de nouvelles actions financées, traiter les actions en cours avec les financeurs, préparer le recours |
Une décision de refus ou d'annulation est un acte administratif. Elle doit être motivée : vous devez savoir lequel des motifs vous est opposé et sur quels éléments. Elle doit aussi mentionner les voies et délais de recours qui vous sont ouverts. C'est cette mention, sur votre décision, qui fait foi — pas un délai lu dans un article de blog, y compris celui-ci.
Trois portes existent en général, et elles ne s'excluent pas toutes : demander un réexamen au service qui a pris la décision en apportant les éléments manquants, saisir l'autorité hiérarchique, ou porter l'affaire devant le tribunal administratif dans le délai indiqué. En parallèle, si le motif est corrigeable — un titre d'occupation que vous n'aviez pas joint, des moyens distanciels non décrits —, un dossier complet redéposé est souvent la voie la plus rapide.
Dernier point, sur l'annulation : sans déclaration valide, l'accès aux financements publics et mutualisés tombe. Prévenez vos financeurs et vos clients plutôt que de les laisser le découvrir, notamment côté OPCO, où une prise en charge en cours doit être traitée explicitement.
LIDEO est un cabinet de conseil. LIDEO n'est pas un organisme de formation et n'est pas certifié Qualiopi : nous accompagnons nos clients dans l'obtention de leur propre certification. Cet article décrit l'état du droit et de l'information disponible au 12 septembre 2026 et ne remplace pas la position de votre DREETS ni la communication officielle de l'administration sur votre dossier.
La loi du 25 juin 2026 permet de refuser ou d'annuler une déclaration d'activité pour deux motifs nouveaux : l'absence de locaux permettant de réaliser concrètement les actions déclarées, et une annulation dont le dirigeant a fait l'objet au cours des quatre années précédentes. Le premier se prépare en démontrant la cohérence entre vos moyens réels — y compris purement distanciels — et le programme que vous déclarez ; le second se traite avant le dépôt, en vérifiant l'historique de chaque dirigeant. Un refus n'est pas définitif : il est motivé, il indique ses voies de recours, et il se corrige le plus souvent en comblant ce qui manquait.
Sur le refus de déclaration 👉🏻
Rien n'interdit d'avoir son siège à son domicile. Ce que l'administration examine désormais, c'est la capacité à réaliser concrètement les actions déclarées : un dirigeant qui forme en présentiel doit pouvoir montrer où, un dirigeant qui forme à distance doit pouvoir montrer avec quels moyens. Une adresse de domiciliation seule, sans aucun moyen d'exercice démontrable, est le cas le plus exposé.
Le texte visant les locaux permettant de réaliser les actions de formation, la lecture logique est qu'un organisme distanciel doit démontrer les moyens propres à sa modalité : plateforme, poste de travail et connexion, lieu depuis lequel les sessions sont animées, dispositif d'assistance des apprenants. Demandez la position de votre DREETS avant le dépôt plutôt qu'après, car l'appréciation se fait dossier par dossier.
L'administration peut opposer une annulation dont le dirigeant a fait l'objet au cours des quatre années précédentes, pour refuser l'enregistrement d'une nouvelle déclaration ou pour annuler celle qui vient d'être enregistrée. Il faut traiter ce point en amont, en documentant la situation, plutôt que de déposer un dossier silencieux sur l'antécédent.
Non. Un refus est une décision administrative : elle doit être motivée et mentionner les voies et délais de recours applicables. Vous pouvez selon les cas demander un réexamen, saisir le supérieur hiérarchique ou porter l'affaire devant le tribunal administratif. Vous pouvez aussi corriger ce qui a motivé le refus et déposer un dossier complet.
Sans déclaration d'activité valide, un organisme n'est plus un prestataire de formation au sens du Code du travail. Il perd de fait l'accès aux financements publics et mutualisés, ce qui touche les prises en charge OPCO et le référencement sur Mon Compte Formation. Les actions engagées doivent alors être traitées avec les financeurs concernés.
La loi n'impose pas de forme de contrat particulière et ne fixe pas de surface. Ce qui compte est la réalité et la cohérence du lieu d'exercice avec l'activité déclarée : bail, contrat de domiciliation avec mise à disposition de salles, convention de coworking ou contrat de location de salle à la journée peuvent être présentés selon l'organisation retenue.
Le nouveau référentiel applicable au 1er novembre 2026, indicateur par indicateur, avec ce qui change par rapport à la version actuelle. À cocher pendant la préparation de votre audit.
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Fondateur de LIDEO. Il accompagne des entrepreneurs sur la création de leur organisme de formation — déclaration d'activité, certification Qualiopi, référencement EDOF et financements OPCO — et assiste à des audits Qualiopi chaque semaine aux côtés de ses clients.
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