Indicateur 7 Qualiopi (V10)
Cet indicateur ne s'applique qu'à une partie des organismes, mais il pèse lourd : il faut prouver l'adéquation des contenus et votre droit à délivrer la certification.
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Par Jérémie Chiari · Publié le · 10 min de lecture
L'indicateur 8 du référentiel national qualité impose au prestataire de déterminer ses procédures de positionnement et d'évaluation des acquis à l'entrée de la prestation. Il faut donc une procédure écrite, des outils adaptés à chaque prestation, une trace datée par bénéficiaire et la preuve que les résultats servent réellement à ajuster le parcours proposé.
Relu par Axel Joseph Auguste, cofondateur de LIDEO, spécialiste réglementaire et sécurité — profil. Relecture quotidienne après publication.
Le texte officiel : « Le prestataire détermine les procédures de positionnement et d'évaluation des acquis à l'entrée de la prestation ». La phrase est courte, mais chacun de ses termes porte une exigence distincte, et c'est ainsi qu'un auditeur la lit.
| Membre de phrase | Ce qu'il faut pouvoir montrer |
|---|---|
| « Le prestataire détermine » | Un choix fait par vous et écrit en amont, pas une habitude reconstituée le jour de l'audit. |
| « les procédures » | Qui fait quoi, quand, avec quel outil, et ce qui se passe ensuite selon le résultat. |
| « de positionnement » | La façon dont vous situez la personne par rapport à la prestation : prérequis, attentes, contraintes. |
| « et d'évaluation des acquis » | La façon dont vous mesurez ce qu'elle maîtrise déjà des compétences visées. |
| « à l'entrée de la prestation » | Un moment précis : avant le démarrage ou dès les premières heures, jamais en cours de parcours. |
Deux mots méritent qu'on s'y arrête. Procédures, au pluriel, va plus loin qu'un test : c'est un enchaînement décrit, avec un responsable, un moment, un outil et une suite. Et détermine place l'indicateur dans le critère 2, celui de la conception : ce qui est audité ici, c'est ce que vous avez prévu, pas la qualité de votre animation.
L'essentiel
Le référentiel national qualité a été refondu par le décret du 1er août 2026, applicable au 1er novembre 2026. Il compte trente-trois indicateurs, dont nous détaillons l'architecture d'ensemble dans notre page de référence sur la V10.
L'indicateur 8 est repris sans changement de fond, dans les mêmes termes que la version précédente. Si votre procédure d'entrée était déjà tenue et jugée conforme, vous n'avez rien à refaire pour la seule entrée en vigueur du nouveau texte.
Sa place dans le critère 2 éclaire sa lecture. L'indicateur 4 traite de l'analyse du besoin avec l'entreprise ou le financeur, le 5 de la définition des objectifs, l'indicateur 6 des contenus et des modalités. Le 8 ferme la boucle de la conception : il vérifie que vous avez prévu comment rencontrer la personne réelle avant de dérouler le programme prévu. Un auditeur qui a vu des contenus « adaptés aux publics bénéficiaires » au titre de l'indicateur 6 demandera naturellement, au titre du 8, sur quoi repose cette adaptation.
La confusion la plus fréquente consiste à traiter les deux termes comme des synonymes. Ils se font au même moment et servent la même finalité, mais ils ne répondent pas à la même question.
Le positionnement situe la personne par rapport à la prestation : a-t-elle les prérequis annoncés ? Son objectif personnel correspond-il à ce que la formation délivre ? Quelles contraintes matérielles, d'organisation ou de santé faut-il prendre en compte ? Quel parcours, parmi ceux que vous proposez, est le bon pour elle ?
L'évaluation des acquis à l'entrée mesure ce qui est déjà maîtrisé parmi les compétences visées. Elle donne un point de départ : sans lui, vous ne pourrez pas montrer plus tard ce que la formation a produit. C'est aussi ce qui permet d'alléger ou de renforcer une séquence en connaissance de cause.
Un dispositif d'entrée bien construit traite les deux, parfois dans le même document. Ce qui compte n'est pas le nombre d'outils mais que les deux questions reçoivent une réponse tracée.
C'est le premier document demandé. Une page suffit, à condition qu'elle réponde à quatre questions : à quel moment le positionnement intervient, qui le réalise, avec quel support, et ce qui est décidé ensuite selon le résultat. Ce dernier point est le plus souvent absent et c'est pourtant le cœur de l'indicateur : une procédure qui s'arrête à « le stagiaire remplit le questionnaire » ne décrit pas une procédure.
Si vos prestations sont de nature très différente, la procédure indique quel dispositif s'applique à quelle famille de prestations. Un organisme qui vend à la fois de la sensibilisation d'une demi-journée et un parcours certifiant de plusieurs mois ne peut pas décrire un seul et même processus.
L'auditeur demande ensuite à voir les supports eux-mêmes : questionnaire d'auto-évaluation, quiz de connaissances, test technique, mise en situation, grille d'entretien téléphonique, épreuve de langue. Aucun format n'est imposé par le texte. Ce qui est regardé, c'est la pertinence de l'outil au regard des compétences visées.
Un même questionnaire générique servant tout un catalogue est l'un des écarts les plus faciles à constater : s'il ne comporte aucune question propre à la prestation, il ne peut pas évaluer les acquis à l'entrée de cette prestation. Une trame commune — attentes, contraintes, handicap, disponibilité — déclinée par une section spécifique à chaque formation règle le problème sans multiplier les documents.
C'est là que se joue la majorité des écarts. La procédure existe, l'outil existe, mais les dossiers sont vides. L'auditeur ouvre deux ou trois dossiers de bénéficiaires récents et cherche, pour chacun : le support rempli, la date, l'identité de la personne, le résultat, et qui l'a analysé.
Un compte rendu d'entretien de cinq lignes, daté et signé, vaut mieux qu'un test sophistiqué dont aucun résultat n'est conservé. À notre lecture, un dispositif simple et systématiquement tracé passe toujours mieux qu'un dispositif ambitieux appliqué une fois sur trois.
Dernier maillon, et le plus discriminant : qu'avez-vous fait du résultat ? La preuve peut prendre plusieurs formes selon les cas — une mention d'adaptation du parcours, la constitution de sous-groupes, l'ajout ou le retrait d'un module, une orientation vers une autre prestation, un refus d'entrée en formation motivé, ou simplement la confirmation écrite que le parcours standard convient.
Cette dernière situation est parfaitement recevable. Un positionnement qui conclut « profil conforme aux prérequis, parcours standard maintenu » répond à l'indicateur, parce qu'une décision a été prise et écrite. Ce qui ne passe pas, c'est le silence après le test.
| Exigence de l'indicateur | Preuve acceptable | Preuve insuffisante |
|---|---|---|
| Avoir déterminé une procédure | Document écrit décrivant moment, acteur, outil et suites possibles | Pratique orale décrite en séance d'audit |
| Positionner le bénéficiaire | Grille d'entretien ou questionnaire renseigné, daté, nominatif | Case « prérequis vérifiés » cochée sur le bulletin d'inscription |
| Évaluer les acquis à l'entrée | Test ou auto-évaluation portant sur les compétences réellement visées | Questionnaire générique identique pour tout le catalogue |
| Intervenir à l'entrée | Trace antérieure au démarrage ou datée des premières heures | Évaluation réalisée en cours de parcours |
| Exploiter le résultat | Décision écrite : parcours maintenu, adapté, réorienté ou refusé | Résultats stockés sans analyse ni suite |
| Traiter les cas hors prérequis | Procédure prévoyant mise à niveau, réorientation ou refus motivé | Aucune règle, décision prise au cas par cas sans trace |
| Couvrir toutes les prestations | Dispositif décliné par famille de prestations | Procédure existant seulement pour l'offre principale |
C'est la configuration la plus répandue parmi les structures que nous accompagnons à la création, et l'indicateur 8 n'y demande aucun outillage lourd. Un formateur seul positionne le plus souvent par un échange téléphonique ou en visio avant l'inscription : c'est une pratique admise et souvent plus fine qu'un questionnaire en ligne.
La seule chose qui manque, dans la quasi-totalité des dossiers que nous reprenons, c'est la trace. Une grille d'entretien d'une page, remplie pendant l'appel, datée et classée dans le dossier du bénéficiaire, transforme une pratique réelle en preuve. Sans elle, l'auditeur ne peut rien constater.
Le texte ne prévoit pas d'exemption pour les prestations courtes. Il n'impose pas non plus de dispositif d'une lourdeur disproportionnée. Pour une demi-journée de sensibilisation sans prérequis, un recueil d'attentes et de niveau déclaré, exploité pour ajuster les exemples et la composition du groupe, est cohérent avec l'enjeu — à condition que la procédure écrite dise explicitement que c'est le dispositif retenu pour cette famille de prestations, et pourquoi.
« Aucun prérequis » ne veut pas dire « aucun positionnement ». Même ouverte à tous, une prestation s'adresse à des personnes de niveaux et d'objectifs différents, et l'évaluation des acquis à l'entrée reste utile pour situer le point de départ. La formulation prudente consiste à annoncer l'absence de prérequis et à conserver un positionnement léger, orienté attentes et niveau de départ.
À distance, le positionnement est souvent automatisé : quiz en ligne, test de niveau, formulaire préalable à l'ouverture des accès. Le dispositif est généralement bien outillé, mais deux points sont regardés de près : l'exploitation effective du résultat, qui doit conduire à un parcours différencié et non à un accès identique pour tous, et la conservation des résultats de façon exportable, car un score affiché à l'écran sans extraction possible ne constitue pas une preuve en audit.
Quand la prestation est achetée par une entreprise, un OPCO ou financée via le compte personnel de formation, le positionnement croise l'analyse du besoin traitée par l'indicateur 4. Le besoin exprimé par le financeur et le niveau réel de la personne ne coïncident pas toujours. L'écart entre les deux doit être détecté à l'entrée et signalé, et c'est l'un des points où un dossier bien tenu protège l'organisme en cas de contrôle du financement, comme nous l'expliquons pour les circuits OPCO.
| Situation | Action |
|---|---|
| Vous positionnez oralement sans rien écrire | Créer une grille d'entretien d'une page, la remplir pendant l'appel, la dater |
| Votre procédure s'arrête à l'envoi du questionnaire | Ajouter les suites possibles : parcours maintenu, adapté, réorienté, refusé |
| Un questionnaire unique sert tout le catalogue | Ajouter à chaque prestation une section propre aux compétences visées |
| Les résultats sont collectés mais pas analysés | Écrire une ligne de conclusion datée dans chaque dossier bénéficiaire |
| Vous n'avez pas de règle pour les profils hors prérequis | Décider par écrit des trois suites possibles et les inscrire dans la procédure |
| Le positionnement a lieu après le démarrage | Le remonter avant l'entrée, ou au plus tard dans les premières heures |
| Vos tests en ligne ne sont pas exportables | Vérifier que la plateforme permet d'extraire les résultats nominatifs et datés |
Un test rapide avant l'audit : tirez trois dossiers de bénéficiaires récents, sur trois prestations différentes. Pour chacun, cherchez le support de positionnement rempli, sa date et la décision qui en découle. Si l'un des trois éléments manque dans un seul dossier, vous tenez l'écart avant l'auditeur.
LIDEO est un cabinet de conseil. LIDEO n'est pas un organisme de formation et n'est pas certifié Qualiopi : nous accompagnons nos clients dans l'obtention de leur propre certification. Cet article décrit l'état du droit et de l'information disponible au 22 septembre 2026 et ne remplace pas l'avis de votre certificateur ni la documentation officielle de l'organisme certificateur dont vous dépendez.
L'indicateur 8 demande une procédure écrite de positionnement et d'évaluation des acquis à l'entrée, proportionnée à chaque famille de prestations, et une trace individuelle datée dans chaque dossier de bénéficiaire. Il est repris sans changement de fond dans la version V10 du référentiel applicable au 1er novembre 2026 : rien à réécrire si votre dispositif est déjà tenu. Les écarts constatés viennent rarement de l'absence de pratique et presque toujours de l'absence de preuve ou d'exploitation du résultat, et c'est par là que commence notre accompagnement Qualiopi.
Sur l'indicateur 8 Qualiopi 👉🏻
Le positionnement situe la personne par rapport à la prestation : prérequis, attentes, contraintes, parcours pertinent. L'évaluation des acquis mesure ce qu'elle maîtrise déjà des compétences visées. Les deux se font à l'entrée et servent la même finalité, adapter la prestation, mais ils ne répondent pas à la même question et un auditeur peut demander à voir les deux.
Cela dépend de la prestation. Pour une sensibilisation courte sans prérequis, un recueil déclaratif proportionné peut suffire s'il est exploité. Pour une formation technique ou certifiante, une simple case cochée par le bénéficiaire ne permet pas de situer son niveau réel. Ce qui compte est la cohérence entre l'enjeu de la prestation et la profondeur du dispositif.
Non, il est repris de la version précédente sans changement de fond et dans les mêmes termes. Ce qui évolue est l'architecture d'ensemble du référentiel national qualité refondu par le décret du 1er août 2026, applicable au 1er novembre 2026. Une procédure déjà jugée conforme n'a pas à être réécrite pour la seule entrée en vigueur du texte.
Votre procédure doit prévoir ce cas, c'est justement ce qui prouve qu'elle sert à quelque chose. Les suites possibles sont l'orientation vers une autre prestation, un module de mise à niveau, un aménagement du parcours ou le refus d'entrée en formation. La décision prise doit être tracée dans le dossier du bénéficiaire.
Pas nécessairement un outil différent, mais un outil pertinent. Un même questionnaire générique utilisé pour un catalogue entier est un écart fréquent, parce qu'il ne peut pas mesurer les acquis propres à chaque prestation. Une trame commune déclinée en questions spécifiques par formation répond à l'exigence sans multiplier les documents.
Avec une procédure d'une page et une grille d'entretien. Un formateur seul réalise souvent le positionnement par téléphone ou en visio, ce qui est parfaitement admis, à condition de remplir la grille, de la dater et de la classer dans le dossier du bénéficiaire. L'écart vient presque toujours de l'absence de trace, pas de l'absence de pratique.
Le nouveau référentiel applicable au 1er novembre 2026, indicateur par indicateur, avec ce qui change par rapport à la version actuelle. À cocher pendant la préparation de votre audit.
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Fondateur de LIDEO. Il accompagne des entrepreneurs sur la création de leur organisme de formation — déclaration d'activité, certification Qualiopi, référencement EDOF et financements OPCO — et assiste à des audits Qualiopi chaque semaine aux côtés de ses clients.
Cet indicateur ne s'applique qu'à une partie des organismes, mais il pèse lourd : il faut prouver l'adéquation des contenus et votre droit à délivrer la certification.
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